La calomnie de l’évènement « Nod T9ra » à la Place de la Poste, Rabat le 29 Avril 2012.

Vous ne pouvez pas savoir toute la honte que j’éprouve maintenant. Le mépris que je porte vis-à-vis de moi et de ma niaiserie.
Je ne sais plus par où commencer. Toutes mes idées se chamboulent, s’entre-mêlent en concerto confus. Je ne comprends plus rien et je doute de tout. Des noeuds qui se forment et que je m’efforce de dénouer contre mon gré.
Cette honte que je ressens, elle est double, et double mes peines.

Aujourd’hui, 29 avril 2012, était sensé être le jour où le collectif « Nod t9ra » (que je viens à peine de découvrir il y a de là deux jours), devait prendre place dans chaque ville au Maroc, à partir de 17h. J’avais lu qu’à l’occasion de la journée internationale du livre, l’évènement regroupait des jeunes avides de lecture dans un même endroit, chacun un livre à la main. Et l’on se mettait tous à lire : manifestation de notre savoir boulimique et promotion de la lecture.
Cependant, J’avais commis la fatale erreur de ne pas m’instruire sur l’origine du collectif et de son historique. Et croyez-moi, je suis en encore trop fatiguée pour en faire autant.

A 17h, ma mère me déposait au pied de la grande horloge de la Place de la Poste.
– Mais il n’y a personne… est-ce que tu es sûre que c’est bien là que se tient votre évènement ?
– Mais oui maman
– La Place est pourtant bardée de gendarmes, de policiers et de « merdates », me dit-elle. Tu es sûre qu’ils n’ont pas annulé ça ?
– Mais non, maman, c’est Dimanche rappelle toi, les étudiants font grève devant le parlement…

Je traverse la route en me demandant pourquoi diable la Place en question était aussi déserte. Sur le chemin, on me regarde avec des yeux inquisiteurs.
«Il n’est pas encore temps de sortir mon Nabokov, me disais-je. Attendons un peu qu’il y ait des gens qui se manifestent »
Les bancs étaient encore tous vides. J’entrais dans ce terrain comme on entre en terre inconnue. Il régnait une atmosphère louche, pour le moins lugubre, que je commençais déjà à douter de la date exacte de l’évènement en question. Je m’adossais à un banc et regardais autour de moi.
De temps à autre, un policier/gendarme me jetait un regard en biais. Devant moi, un gardien me fixait de l’œil. Je me sentais mal à l’aise.
Pour pallier à ma solitude, j’appelai mon amie M. On était sensées y aller ensemble. Sans réponse.

J’ai attendu. Au bout de dix minutes, la Place était toujours déserte. Il y avait bien sûr quelques femmes venues avec leurs enfants, mais rien qui ne me fasse signe qu’elles venaient pour cet effet.
Le doute me gagnait. S’était-on simplement foutu de notre gueule, nous autres lecteurs qui impatients de sauter sur l’occasion dès qu’elle se présentait ? J’ai eu le réflexe du journaliste moderne. J’ai pensé à prendre une photo de la Place rasée pour me révolter contre cette fourberie plus tard. Ce n’était plus qu’une question de temps.
Je commençais à m’impatienter.

J’ai rappelé mon amie M. Elle décroche.
– C’est Samia. T’es où ?
– J’arrive dans dix minutes. Je suis coincée dans un embouteillage là.
– Cool. Paraît que c’est désert là. T’es sûre que c’est aujourd’hui ? je me suis pas trompée j’espère ?
– Oui, ils ne vont pas tarder à venir je crois.
– D’accord. A tout à l’heure alors.

Ne pas tarder à venir ? Il était 17h15, l’évènement commençait à 17h. Ok.

J’attends encore quelques minutes qui me semblent durer une éternité.
J’aperçois aussitôt un jeune homme et une jeune femme prendre place de l’autre côté de la fontaine. L’homme déploie son journal. Je me demande ironiquement : Les journaux aussi font l’affaire ?
Je détourne mon regard. A un mètre de moi, un homme chancelant me faisait face. Il avait l’air porté par une quelconque substance narcotique et me regardait sans ciller. Il s’avance vers moi, me demande un sou.
Je lève la tête, « lay sehel, je n’ai rien sur moi ». Je baisse les yeux.
Le gars se met à me raconter l’histoire de sa vie. L’Allemagne, la faillite, l’expatriation, le retour au bled, la maladie…
– Je ne suis pas d’ici, aidez-moi au moins…
– Je ne suis pas d’ici non plus.
– Ah bon ? Vous êtes d’où alors ? Vous faites quoi ici ?
J’attrape mon sac, en retire mon Nabokov et je commence à lire en faisant la sourde oreille. Je sens son regard me submerger, et, un instant après, je le sens se soustraire à ma vision.
Quelques minutes après, je relève la tête, je m’aperçois que l’homme et la femme ont disparu.
Sur un banc adjacent cependant, j’aperçois deux garçons, chacun un livre à la main.
Mais très vite, je me rends à l’évidence qu’un homme les interpelle. Il s’approche d’eux. Je ne sais ce qu’il leur rabat à l’oreille, mais en tout cas, je voyais des yeux incrédules, écarquillés, l’un d’eux levant les mains au ciel comme s’il était  sur le point d’être arrêté.

Je ne comprends pas. Je baisse la tête, de peur que l’on s’aperçoive de ma curiosité déplacée.
Deux minutes plus tard, je vois l’ombre d’un homme qui s’avance rapidement en ma direction. Il me semble que c’était le même individu qui avait interpelé les deux garçons.
– Noudi ntya, noudi men hna, me crache-t-il sèchement.
Suprise, puis indignée par ce manque de tact, ce ton de vois à monadresse, je lève des yeux foudroyants et inquisiteurs.
– Ila kanete 3endek chi 9raya, siri ldarkoum ou 9ray li fidek, hadi machi blasstek.
Il ne prenait même pas la peine de me regarder dans les yeux. Dans sa main, il tenait un caméscope  en marche, et de l’autre, il me pressait de m’en aller.
– Mais que… ?, je commençais, alarmée.
– Toi ? Une intellectuelle ? (ces propos étaient dis en français). Non mais tu te fous de la gueule de qui ? Si tu étais une intellectuelle, tu saurais qu’aujourd’hui n’est pas la journée internationale du livre, alors siri f7alek.
– Mais qu’est-ce que vous rabâchez ? Wach j’ai besoin d’une journée internationale du livre pour tenir un livre dans la main ?
– Choufi a lalla. Wach nti ded lmalik ? rah chefnak tu as pris des photos et tu as appelé je ne sais qui. Daba tu vas m’écouter. Tu t’en vas tout de suite et tu désertes l’endroit, sinon le pire est à venir. On t’a filmée, tu seras suspecte. Siri f7alek ou 9ray li fidek. Key bane alik bente n9iya, khellik b3ida 3la hadchi.
– Est-ce que je peux au moins connaître la raison de.. ?
Il me foudroie du regard, se retourne pour faire ses signes à quelques gendarmes non loin.
C’est le déclic.
Je comprends tout.

Je n’ai plus besoin d’explication, je prends la décision de déserter l’endroit en lui lançant par-dessus l’épaule : Je suis venue lire, lire uniquement.

Je me nois dans la foule qui fourmille tout  au long de l’avenue Mohammed V. J’ai la gorge serrée par tant d’amertume et d’humiliation. Tout est flou dans ma tête. Je comprends tout et je ne comprends plus rien, j’ai envie de crier cette fourberie et en même temps le silence est mon ultime refuge.
Mon téléphone vibre. C’est M.
Je n’ai pas envie de répondre. J’ai envie de me fourrer le visage dans l’abîme et ne penser à rien pendant une bonne dizaine de minutes. Faire le vide dans ma tête.
Pourtant je raccroche.
– M., ce n’est plus la peine de venir, j’ai quitté les lieux.
– Qu’est-ce qui se passe ?
– Un gars m’a dit que ce n’était pas aujourd’hui.
La première chose qui m’était venue à l’esprit : Motus et bouche cousue sur l’affaire.
J’avais un peur bleue. Ce n’était ni le moment ni le lieu d’en parler.

Plus maintenant. Car désormais je sais que moi et plein de mes semblables se sont fait avoir par cette stupide calomnie de dite « promotion de la lecture et du livre ».
Tous les doutes qui s’amoncelaient en miscellanées dans ma tête recollaient au fur et à mesure pour résoudre le puzzle auquel j’étais confrontée. Tous se rejoignaient. Tous se confirmaient.
Depuis quand la lecture était une manifestation d’une contre-volonté de la monarchie ? J’étais uniquement une jeune lycéene de 17 ans venue partager un moment de plaisir avec mes concitoyens amoureux de la littérature et je me retrouvais impliquée dans une affaire d’ordre essentiellement politique.
Cet homme, cet agent déguisé en civil, ainsi que plein d’autres étaient venues remettre l’ordre là où il n’y avait d’anarchie, dans ce qui semblait être une place où se donnaient rendez-vous des jeunes qui voyaient en cette occasion un moyen de faire part de la sphère culturelle du pays.
Cela voulait-il dire que nous étions 20-fiévristes ? Mon Dieu que je m’indigne. Je bouille d’intérieur. Je boude cette loi dévastatrice qui n’existe que pour faire régner l’ignorance.

Je commence même à douter de cet homme délinquant à l’apparance. Maintenant que j’y pense, n’était-ce pas seulement un stratagème mis au point pour voir le motif de ma présence ?
Le fait aussi que je n’ai été interpelée à l’avance, lorsque j’avais encore les mains vides… Les agents de sécurité avaient reçu des instructions fermes. Cet homme et cette femme qui avaient disparu soudain après ma conversation avec le monsieur…
Je comprenais tout. Les agents les éliminaient un à un, de peur de se retrouver avec un collectif entier sur le dos, et ce serait déjà trop tard. On soupçonnait quelque chose.
Ma foi, je me rappelle le visage blafard de ce garçon qui ne comprenait rien non plus. Je n’étais pas la seule.
Mais je m’en voulais d’avoir été aussi sotte. Quelque chose se tramait depuis le début. Je m’en voulais.
La stratégie de l’agent habillé en civil. Faire passer son message tout en ne me laissant aucun temps de répit pour questionner son empressement, son ton qui laisse tout à remettre en question. Cette stratégie fatale d’intimider vos interlocuteurs par la force, les faire douter d’eux-mêmes sans même éclaircir leur ignorance. J’ai trop longtemps sous-estimé les forces armées marocaines, mais je vous dis maintenant que j’ai eu tort.
Je n’ai jamais aussi paniqué qu’à ce moment là. C’était comme se faire accuser violemment et ne savoir même pas en quoi consistait le motif de votre accusation. Vous êtes là, impuissants, incapables même de prononcer le moindre mot en votre faveur.
Néanmoins, je ne vous en veux pas. Je comprends votre répression. Et je comprends que nous autres lecteurs niais avons été manipulés à bon escient pour parfaire à une ruse contre l’Etat. Ca passe inaperçu, c’est bénin, innocent, et pourtant l’unité fait la force d’un message voulu être inséré. Les rumeurs qui se propagent inquiètent l’Etat,…
Printemps arabe, révolutions,… ces interfaces sociales telles Facebook et Twitter qui n’ont sans cesse fait vibrer le sol de votre quiétude.
Depuis quand y’a –til une loi qui interdit la lecture dans une place publique ? Sotte que j’étais pourtant. Je n’avais même pas demandé si le collectif de « Nod Te9ra » avait une permission de l’Etat pour son évenement. Oui, ceci était ma faute.
Non seulement je me trouvais privée de mon droit de lire, mais également insultée et écrasée par une personne de l’autorité qui me refusait mon droit de savoir.
En tant que citoyenne, j’ai le droit de connaître le motif pour lequel on m’accuse, j’ai le droit de m’asseoir sur un banc de la Place public et retirer mon livre en toute sécurité.
Bon sang ! Nous ne sommes plus dans les années de Plomb et de Répression.
De quelle démocratie parlons-nous ?, si ce n’est la démocratie de la répression. La répression équitable j’entends. J’ai eu le même sort que mes confrères.
J’ironise mes amis. J’ironise. J’ironise parce que l’ironie est le remède du tourment.

Messieurs, écoutez-moi bien.
J’étais aujourd’hui à la Place de la Poste de Rabat dans un seul but : lire et lire uniquement.
Mon rêve est de voir le Maroc un jour, peuplé de gens instruits et avides de savoir, défendant leur pays, leur Roi et leurs principes et traditions.
Pour tout vous dire, aujourd’hui c’est cette confrontation à la réalité qui me fait le plus peur.
A force de rêver on finit par se casser la figure.
Le fameux désormais dicon de la société marocaine « Be3ed 3la lpolitique » pour arroser les ardeurs des insurgés.
Politique d’abrutissement de masse ou pas, je n’en comprend plus la logique.

Je respecte le Roi, je défends ma religion avec ferveur et je ne suis on ne peut plus patriotique…
Mais en retour, et en tant que membre de ce pays, je me retrouve la dignité souillée, salie, entâchée par tant de mépris.
J’applique la méthode « Œil pour œil, dent pour dent » ? On s’en retrouverait tous infirmes à la fin (Merci Ghandi).

Je vous répète, messieurs dames, j’étais venue pour lire, lire et lire uniquement.
Par amour. Par zèle. Par folie de lecture.
Mais ma décision est prise.

HANI HANE 9RA FDARNA A SIDI.

31 réflexions sur “La calomnie de l’évènement « Nod T9ra » à la Place de la Poste, Rabat le 29 Avril 2012.

  1. LOOP dit :

    Vous voulez faire une manif ? et bah.. il vous faut d’abord une autorisation de la commune !

    ^^

  2. sIMAD dit :

    You got my word for this: This is a chaotic, unlawful, injust, repressive, opressive organization we’re libing in, I would never call Morocco a state, never. It is shameful, that at the same time where we hear descriptions such as « The country of the law and the right », we see such a simple right taken away from regular citizens, with no political backgrounds, I really would like to know what mister King has in mind, Alas…

  3. Helas… ca ne fait que commencer..

  4. Karim Mustapha dit :

    « HANI HANE 9RA FDARNA A SIDI. »

    Alors comme ça tu te soumets à la répression et à son dictât?? Marocaines et marocains, nous devons toutes et tous nous indignez face à la répression, l’injustice et la dictature !

  5. Anon dit :

    https://www.facebook.com/events/137898383006803/

    Qui as parlé du 29 avril ? et les lieux non pas encore été fixer …

  6. Salah dit :

    laisse moi te dire 3 mots: had lblad kahla!!! voila!!! rien n’as changé et rien ne changera!!!

  7. Akhéloes dit :

    Bien triste tout cela. Je m’imaginais à ta place, peut-être aurais-je eu le sang un peu plus froid, mais au fond, je me sentirai tout aussi humilié. Je ne retournerai pas chez moi écrire à propos de ce qu’un idéal démocratique est, je ne penserai même pas à cette répugnante nature lâche des forces de « l’ordre » qui pli à sa merci ceux qui sont milles fois plus éduquées qu’eux (même pas les 20-fev, je suis de droite méta-politique et le politico-politique m’ennuie d’un ennui mortel)…

    Alors que ferai-je ? Je me dirais, tout bêtement, que c’est ainsi, que le temps n’est pas venu pour ce pays. Tu dois être bien fâchée en ce moment, mais garde en tête que ça passera et que ça t’aurais servi de leçon, oui, de leçon. Laquelle ? Qu’est ce que j’en sais moi, c’est certainement une leçon. Ah tiens maintenant que j’y pense : ce pourrait être la leçon de l’adversité et de la volonté incandescente. Ou bien alors une leçon de ce qu’est proprement nietzschéen comme principe : la vitalité la plus noble est toujours écrasée par la masse désireuse de souler son élan de saleté et de bassesse ; on veut cette terre plate et banale.

    Oui, sirou t9raw f dyourkoum, et surtout 9raw bla matw3aw ! Fhemtou ? Soyez mesquins et petits, et perpétuez !

    Je ne suis ni pour ni contre le Roi, je n’aime pas à priori les gauchistes et le sociétale. Je veux bien vivre dans un pays enraciné mais foncé dans l’Énergie. Mais soumettons-nous au constat : ce statut quo est-il vraiment si gratuit ? Et sachant que l’homme le plus fort de l’Etat est celui que vous connaissez : peut-on jamais le comparer à Napoléon ?

    Ceci n’est pas la cité de Dieu, est l’homme n’est qu’un loup pour son frère l’homme. Moquerie de pays, on est loin des comptes de la civilisation…

  8. Y dit :

    Et oui ma petite samia, tu milites pacifiquement contre la politique d’abrutissement en masse du peuple donc tu es 20-fiévristes (indirectement et sans le sentir) , au fait ça c’est un peu mieux passé à Tanger même s’il a plut (https://www.facebook.com/photo.php?fbid=3726945330155)

  9. amal dit :

    je comprend ta déception mais je ne suis pas du tout d accord avec ta conclusion , ce que t’as décrit est le Maroc qu’on veut changer et il faut tt d’abord commencer par s’instruire et inciter les autres a le faire !! on doit éviter de se heurter a l’autorité . ne ns décourageant pas !! par exemple ds les autres villes sa s’est passé tranquillement je pense que les organisateur devaient clarifier le but de Evènement aux autorités ts simplement parce qu’il s’agit d’un rassemblement 😉 soyons positives l’initiative vient de naître il serait malheureux de l’empêcher de grandir 🙂 soyons plus intelligent ,je suis plutôt déçus par ta conclusion parce que ton analyse portait a une conclusion bien différente .

  10. Hassan dit :

    Tres heureux d’avoir trouve ce forum. Merci.

  11. Meryem Chahli dit :

    Pourquoi la honte ? Si ton seule crime a été de lire dans une place publique, il ne fallait pas la quitter, quelle charge aurait on pu retenir contre toi ? manifestation illégale ? tu lisais dans un lieu public ! Il est malheureux de voire qu’au Maroc nous avons besoin de l’approbation des autorités pour se cultiver, il est navrant de constater que manifester est réprimandé de la sorte, et il est consternant de savoir que certains ont honte d’être associés au combat pour la liberté.
    PS : Nobokov ? très bon choix, mais sous tes airs je suis une marocaine manipulée et heureuse tu es une subversive !

  12. LEFNATSA QODS dit :

    Tu as raison de t’indigner ainsi , je te comprends , j y étais aussi , moi quand je suis arrivée je ne t’ai probablement pas aperçu , et toi non plus , ce que j’ai vu était différent , j’ai vu un monsieur âgé tenant un livre et 3 jeunes étrangères , ceci pour te dire que j’y étais et que j’ai ressenti la même indignation .
    cependant je ne suis pas d’accord avec la conclusion que t’as fait ,  » Nod te9ra » est un mouvement qui invite les gens à lire dans des lieux publics pour lutter contre l’ignorance, pour faire reigner la lumière,et a organisé cet évènement au même moment et dans plusieurs villes marocaines , et n’a rien d’une manipulation comme tu l’as compris , je vois que tu es une jeune intelligente mais que malheureusement l’agent en civil a lui su te manipuler , et j’espère que tu réfléchira encore à tout ce que tu as vécu aujourd’hui et que tu te demanderas : Qu’ont ils contre des gens qui ont un livre à la main , et tu verras que ce sont justement ces gens qui lisent et qui réfléchissent qui gênent !
    PS : Dans le droit marocian il n’y a rien qui incite à prendre une autorisation pour lire dans un lieu public, ni même pour un sit-in , les autorisations sont demandées pour des marches ! donc ce que tu faisais n’avait rien d’illégale , et celui à qui tu dois en vouloir c’est au policier qui t’a bousculé , et au système qui fait qu’aujourd’hui au maroc nous avons une moyenne de lecture de 6 minute par an ! c’est ça qui devrait nous indigner !
    et tu devrais chercher plus , les vérités ne sont pas forcement ce qu’on nous dit à la TV ou dans les journaux , la vérité on la cherche ailleurs et par nos propres moyens , pars à la rencontre des gens , ces 20 fevriestes dont tu parles, c’est nous tous , tous ceux qui veulent un maroc meilleur
    Et surtout , matmchich té9ray hi fi darék !! 9ray ailleurs ^^

  13. bentounsi nadia dit :

    Regardez l’event de Rabat, c’est le 13 mai, et les lieux ne sont pas encore fixé…

    https://www.facebook.com/events/137898383006803/

  14. badr moul lktab dit :

    Tres beau recit, merci d’avoir partager cette experience. C’est avec des temoignages comme les tiens qui reussira a mettre a nu les pratiques barbares de ce regime dictateur. Ne perd pas espoir, la lecture en publique.est ton droit.le.pljs legitime et personne de pourra jamais.te l’enlever desormais. C’est juste que ces ignorants ont peur de.tout esprit instruit qui pense librement sans etre au service de la.dictature. Consideres que c’est toi qui a gagné cette bataille en les explosant mediatiquement de la sorte. Merci encore

  15. Mouad dit :

    Qui est responsable de cette situation? N’est il pas vrai que le roi detient la majorite du pouvoir au Maroc? Mais que fait il pour changer la situationt? Des discours, des inaugurations, de la figuration au JT, et du ski a Courchevelle au frais du peuple.

    Le respect se merite. Respecter quelqu’un parce qu’il est ne sur un trone ne fait pas de vous une personne digne de respect.

    La culture marocaine ne se prete pas au savoir. Elle est plutot obscurantiste.

  16. amal dit :

    en plus c’est normal venant d’un pays qui a emprisonné un journaliste dont l’unique but était de partager ses idées avec son peuple ignorant !! si t’es tellement déçus c’est que tu ne connaissait pas le Maroc , eh bien félicitation tu vient de le découvrir ^^

  17. ThreeLittleDots dit :

    Au risque de me faire passer pour l’avocat du diable, je tiens a souligner le fait que les autorites sont plutot assez fragiles/parano en ce moment. Le souci de garder un certain niveau de calme et de stabilite leur est bien plus important que le savoir que les citoyens desirent en lisant. Et je crois qussi qu’on ne peut renier le fait que n’importe quel rassemblement, pour lire ou pour danser, sera, sous les circonstances actuelles, vu comme un moyen de manifester contre l’injustice social etc. Aussi, je pense que ceci est tres possible; il y a toujours des cons pour tout chambouler en se cachant derriere les autres (souvent innocents). J’irais meme a supposer que si le rassemblement avait marche’, ils auraient surement ramene des gens comme le lochard que tu as rencontre, pour se trouver une excuse et chasser tout le monde des lieux.

    Ensuite, je dis tout ca, non pas pour defendre le makhzen, mais seulement pour te rappeller un peu la realite de notre cher pays. Il ne faut surtout pas oublier que juste parce qu’on nous dit Democratie, qu’il faut y croire. Je ne dis pas non plus qu’il faut etre pessimiste, mais just un peu realiste. je suis sure que si le collectif avait cherche a avoir l’accord des autorites locales, personne n’aurait eu de problemes pour ce faire. Nos autorites aiment qu’on leur leche les bottes? et ben faison le! Et disons nous que ca ne sera pas pour longtemps, pour le cote optimiste de la chose 🙂
    Le makhzen n’est qu’un bebe malicieux qu’il nous faut apprendre a manipuler, aussi l;ongtemps qu’il le faut, car ca nou servira a rien de nous battre contre lui.

    J’espere sincerement que tu ne renonceras pas a ta quete pour populater et promouvoir la lecture, ta maniere. Essaies just de le faire doucement et surement 🙂

  18. Samira Mizbar dit :

    La journée internationale du livre était le lundi 23 avril. Une centaine de passionnés de lecture s’était donnée RDV devant le parlement, chacun un livre à la main pour débattre, échanger, lire ensemble. Ils se sont faits violemment dispersés. Pour quel motif ? La présence de 400 diplômés chômeurs pourtant complétement inoffensifs … Des jeunes licenciés pour la quasi totalité … licenciés donc dont les mérites intellectuels ont été validés par l’Université … universitas, universitatis, si ce mot a encore un sens … D’où la décision de reprendre l’initiative le dimanche … Pour un sit-in ou un rassemblement, aucune autorisation n’est exigée. En revanche, pour une manifestation, elle est obligatoire de manière tout à fait logique. En Tunisie, ils ont fété lundi sans aucun problème, mais c’est vrai que eux ils ont choisi la vie à la mort depuis plus d’un an déja …

  19. Ryan dit :

    La journée internationale du livre se déroulait le 23 avril (toujours en retard). Quoiqu’il en soit, tu n’es venue que pour lire et tu insistes sur ce fait. Mais quand bien même tu serais venue pour autre chose, cela ne change rien, une dictature est une dictature.

  20. ismail dit :

    Je vous félicite pour cette article que vous avez écrit et surtout d’avoir partagé votre expérience vécue avec nous; internautes.
    Vous devez savoir que le Maroc tout d’abord tient a préserver sa monarchie a tout pris,même si cela allait coûter l’éducation de millions de gens. Notre société subis un abrutissement massif depuis les années de plomb, pour eux les intellectuels ne font que créer des problèmes, ce qui explique le niveau de notre enseignement ridicule et machiniste.Et Hélas ils ont eu ce qu’ils voulaient, on vit dans une société de cons où le fourbe est celui qu’il faut imiter et respecter, les gens sont tellement con qu’on vote oui pour la constitution sans l’avoir lu, comment voulez vous changer le monde avec un peuple aussi stupide et machinalisé?
    Tout ce que je sais , c’est qu’on est loin d’être un pays de démocratie.. comme on dit, le rêve de tout les dictateurs est réalisée au Maroc, la moitié de la population « observe » l’autre moitié.
    amitiés, Ismail 19ans

  21. Imane dit :

    D’accord avec LEFNATSA QODS , tu t’es fait manipuler par un flic et je parie qu’il ne veut surtout pas avoir des problèmes avec ses supérieurs. Déjà, je pense que lieu de cette « manifestation » est mal choisi. Pourquoi le boulevard Mohmed V, endroit de contestations en tous genre.

  22. Je me reconnais dans tes propos et j’indigne cette façon barbare de traiter la culture et l’ouverture d’esprit au Maroc, je te soutiens par les moyens qui me sont présents à l’instant en espérant pouvoir mener le combat jusqu’à sa fin.
    Néanmoins, je te reprocherai ta soumission, ce n’est pas le temps. T’y a mis les pieds et plus que jamais aujourd’hui, tu es concernée. Bat toi !

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  23. Ilyes Abdouh dit :

    Bordel mais dans queelle dictature vivons nous.. Mais au vrai, ils ont raison et ils ont la bonne cause pour interdire ce genre d’événements. Imaginons si tous les Marocains deviennent des intellectuelles, sachent leurs droits (Obligations aussi bien sure, ne le nions pas) et commencent à les revendiquer TOUS, ne pensez vous pas que le pays va se chambouler ? Surement à mon avis..

    En tous cas moi j’ai CHOISIS, je ne me soumettrai jamais: VIVRE AVEC HONNEUR OU MOURIR DEBOUT.

  24. Bouchra Bd dit :

    Chapeau, je suis vraiment heureuse de savoir qu’il existe toujours des jeunes aussi talentueux, créatifs, instruits que vous. Âgée de 17 ans et ayant ces idées est déjà un honneur pour ce pays. Nous avons besoin de personnes comme vous, des personnes qui raisonnent et qui savent que faire, qui veulent défendre leurs droits respectivement, qui veulent se retrouver dans un meeting entre jeunes ados cultivés. Mes parents ne m’ont jamais donner leur accord pour partir à ce genre de choses, quoique ce ne soit fait que pour l’apprentissage, la réunion des jeunes instruits. J’ignorais toujours la cause, et bah tout simplement parce que chez nous, rien n’est respecté. Tout est dramatisé, tout est pris du mauvais angle. Faute de savoir et de savoir-faire ! C’est du à ce qu’on appelle la peur, la panique. Et cette dernière est belle et bien celle qui pourrait entraîner à la défaite, mais avoir déjà des mémoires pareilles à celle ayant eu l’opportunité d’écrire ce chez d’oeuvre est déjà une grande fierté, pour nous, jeunes marocains qui ne cherchent que le meilleur et ce meilleur est à venir. Grosso modo, bravo ! Un jour, ce genre de réunion ne serait jamais un lieu où la violence céderait et où les autorités angoisseraient les jeunes adolescents qui représenteraient le futur de notre précieux pays.

  25. […] Tétouan en Tanger. In Rabat mocht het niet doorgaan. Samia Haimoura schrijft op haar blog dat toen ze aankwam in Rabat op de afgesproken plek ‘Place de la Post’ rond 17 uur de […]

  26. Elias Bennani dit :

     » Néanmoins, je ne vous en veux pas. Je comprends votre répression. Et je comprends que nous autres lecteurs niais avons été manipulés à bon escient pour parfaire à une ruse contre l’Etat  »
    Mais tu te moques de qui là ? T’es atteint du syndrome de Stockholm ou quoi ? Ma chère, faut trancher, ou bien tu continues de vénérer ton cher roi -qui s’en fout complètement de toi- et on continueras de te traiter comme une sous-merde ou bien tu choisis d’être une citoyenne digne et tu décides d’être républicaine !

  27. c’est bien malheureux tout ça, et en tant que lecteur casablancais j’aurai aimé participer à cet évènement (si y en avait bien eu un, et un vrai, à casablanca)
    mais bon, sur le côté forme j’ai remarqué que tu prenais la peine d’écrire avec un style plutôt littéraire et j’avoue que dans l’ensemble ce texte est bien réussi, sauf pour les fautes. Tu devrais prendre l’habitude de te relire, petit conseil de confrère ^^

  28. […] La calomnie de l’évènement «nod t9ra» […]

  29. occazwine dit :

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