Archives de Catégorie: Critique littéraire.

Coup de coeur : Les Cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini



Certains auteurs n’ont pas besoin de noircir des centaines de pages pour raffiner leur écriture. Khaled Hosseini en fait partie. Dès son premier roman, l’auteur fait preuve d’un parfait maniement de la plume, usant d’un style poignant, bouleversant même, au point que l’on se demande parfois s’il n’est pas arrivé à nous faire croire qu’on se trouve bien en Afghanistan, et nulle part ailleurs.
« Les Cerfs-Volants de Kaboul » se veut être un parfait témoignage historique des années 70 à nos jours en Afghanistan. Pourtant….

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Cartes sur Tables – Agatha Christie (ou l’art de jeter ses cartes au dernier moment)


J’écris cette critique sans trop tarder car je suis encore sous l’effet de choc. Agatha Christie m’enchante, me fait croire à mes propres désillusions, me broie avec ses intarissables preuves qui ne tendent qu’à me faire faire fausse-route, m’enfonce au fur et à mesure dans un labyrinthe de raisonnements logiques mais pas bons !, et cependant,… il y aura toujours cet Hercule Poirot, ce fin limier, cet arrogant mais admirable détective belge avec ses fines moustaches noires,  pour me porter le coup fatal.

Cartes sur Table se joint à la liste des merveilleux polars écrits par la main de la Reine du Crime. Alors que les gens s’intéressent à collectionner des pièces de valeur, Mr Shaitana, lui, trouve du plaisir à collectionner les criminels… ceux qui s’en tirent, sans que l’ombre d’un soupçon ne les effleure. L’idée méphistophélique lui vient alors d’inviter à dîner quatre assassins (Mrs Lorrimer, Dr Roberts, Miss Meredith et le Major Despard) et quatre fins limiers (Hercule Poirot, Mrs Oliver, le superintendant Battle et Race).  Au cours de la soirée, ces huit personnes se familiarisent entre elles au fur et à mesure. Un peu plus tard, les quatre pseudo-criminels vont jouer au bridge et Shaitana va se lover dans un fauteuil près de la cheminée et s’endort. Seulement voilà, à une heure tardive lorsque nos joueurs se fatiguent enfin après quatre parties de bridge d’affilée, Shaitana est retrouvé assassiné dans son fauteuil. L’horreur est à son comble ! Qui aurait bien pu le tuer ? Nos quatre assassins avaient tous été là à jouer au bridge pendant toute la soirée,…. Mais il faut bien que quelqu’un ait tué l’hôte effronté, non ?

C’est là que vont intervenir nos quatre limiers, chacun suivant sa propre approche des faits. Tandis que Mrs Oliver suit son instinct féminin, le colonel Race et le superintendant Battle sont pragmatiques. Hercule Poirot, quant à lui, est diablement surprenant dans notre cas, puisqu’il opère fonction de  la psychologie des suspects mais aussi de la nature de leur jeu de bridge.
Ce qui est étonnant dans ce roman à multiples facettes, c’est qu’Agatha Christie nous livre ici un nouveau genre de perspective. Il n’y a que quatre suspects et pourtant, chacun d’entre eux pourrait bien avoir commis le crime selon certaines conditions, contrairement à ces autres polars où il  est question de lambda suspects, mais lambda moins un suspects sont innocents et il n’existe qu’un seul et unique coupable. Ce qui laisse à penser que, dans notre cas, le raisonnement de nos limiers devraient nécessairement être psychologique, étayé bien sûr par des preuves d’ordre catégorique.

Alors qu’on est sûr de mettre la main sur le criminel, d’autres preuves ressurgissent pour nous prouver le contraire. Derechef, la quête du mystère continue. Un second meurtrier nous paraît encore plus vraisemblable, et voilà encore que Poirot nous crache à la figure un autre nom pour nous faire faire fausse-piste, mais ce n’est encore qu’une affaire de temps. Vous l’aurez sûrement deviné, on est faussement pris dans le piège du détective qui nous réserve à la fin son dernier mot. Et là, on a tout droit de conclure qu’on a été fourvoyé pendant toute la lecture, et que, éventuellement, Agatha Christie s’est bien –si je puis me permettre l’expression qui suit- foutue de notre gueule.

Au début, j’étais plus ou moins frustrée. La raison est tout à fait évidente, puisque je ne voyais aucun lien logique entre l’enchaînement des preuves accumulées, et encore moins lorsqu’il s’agissait  d’Hercule Poirot. On est d’emblée livrés à croire qu’on n’y peut rien et que cette affaire est pour le moins insolvable. Et pourtant….
La fin est absolument remarquable. Je n’aimerai pas spoiler le roman mais tout le plaisir que l’on a à lire Agatha réside dans ces 15 à 20 dernières pages où tout semble plus cohérent que jamais et que tous nos doutes s’évaporent. Mais ce qui est encore plus poignant, c’est la rage qui nous submerge  de toutes parts, parce que l’idée d’une stratégie de meurtre aussi subtile n’a pas pu nous effleurer l’esprit. (Bon, faut bien avouer que j’ai remarqué un tout petit quelque chose quand même ? NON, ne te désillusionne pas ma petite)

– La question est la suivante : Hercule Poirot peut-il se tromper ?
– Personne ne peut avoir toujours raison, répliqua froidement Mrs Lorrimer.
– Moi si, j’ai toujours raison. Avec une telle constance que j’en suis moi-même surpris.

Agatha Christie est -pour moi- non seulement la Reine du Crime comme il est entendu, mais la plus grande maîtresse de désillusion de tous les temps. Si vous aimez que l’on vous surprenne alors que vous avez enfin baissé votre garde et que vous n’en pouvez plus des déceptions qui se succèdent, vous savez désormais qui lire (sans plus perdre de temps !)

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« Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part » – Anna Gavalda



Gavalda… J’ai voulu faire une découverte d’auteurs qu’on appelle « commerciaux » et je n’avais pas eu tort en faisant ce choix.
En fait, soyons honnête, j’ai même cru que je pouvais apprécier pendant un moment. C’est vrai que ça a été le cas mais en même temps, il y a beaucoup de choses que je reproche à cette auteur.

« Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part » : Le titre me parut révélateur à première vue… Je m’attendais beaucoup à une part de réflexion mûre pour un premier roman (Ah et puis zut ! J’ai oublié de préciser qu’il s’agissait de petites nouvelles, hélas beaucoup trop courtes pour assouvir la faim du lecteur. On s’ennuie au début et à peine commence-t-on à y trouver du plaisir qu’elles signent déjà leur fin). Comme tous ceux qui auraient eu la malchance (ou la chance) de croire quelques critiques qui en font l’éloge, j’étais tout de suite emballée.

Deux livres de suite qui me donnent l’impression de perdre mon temps, ça ne m’est jamais arrivé. Mais je voudrai quand même changer un tant soit peu le ton de mes critiques et cesser d’être méchante envers ces écrivains qui, à défaut de me transporter loin comme je le souhaiterais, me procurent cependant un moment de détente qu’il serait préférable de passer en leur compagnie qu’avec quoi (ou qui) que ce soit d’autre.
Pour tout vous dire, j’ai trouvé ces nouvelles banales. Rien qui mette en exergue le génie de la dame et suscite autant de bruit à la sortie du roman (tiens je persiste à appeler ça roman mais bon, passons). Le ton de l’auteur est le même du début jusqu’à la fin et il ne fait qu’accentuer le sentiment de monotonie. Aucun retournement de situation, aucune surprise… Anna Gavalda nous livre ici un monde réaliste qui n’échappe pas à nos prévisions.  A mon avis, certaines nouvelles ont même l’air d’être bâclées, mais ne discréditons pas d’autres qui ont su attirer mon attention et je cite notamment I.I.G, Clic-Clac, et le Fait du jour… L’une imprévisible avouons-le, l’autre à l’apparence inutile (et je maintiens cet avis puisque tous les détails cités au début  ne servent presque à rien tandis que la fin est révélatrice et cependant on y coupe court, à une phrase près) mais émouvante, la dernière teintée d’un nouvel humour caractérisant ma nouvelle auteur (Ma prof d’anglais se serait sûrement demandée pourquoi je riais comme une folle derrière une liasse de livres sur la table).

Ceci dit, l’auteur s’est voulue être vulgaire dans ses nouvelles et on a souvent affaire à des histoires d’amour cul-cul, trop cliché quoi. Futile et décevant. Le style est loin de faire la peau avec Amélie Nothomb (déjà !!), encore faut-il qu’on le compare à l’écriture d’une ado de 15 ans. Mais je garde espoir. Peut-être qu’avec un peu plus de « raffistolage », elle pourrait gravir les échelons de la littérature.

Enfin, j’ai entendu dire que « Ensemble, c’est tout » était son œuvre la plus prolifique. J’espère que ce sera l’occasion pour toi de te racheter Madame Gavalda. (Attends, mademoiselle ?)

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