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L’horizon noir de mes chimères brille sous le ciel de mes espérances…


Mon cœur s’effondre et rien ne semble plus recoller ces bribes de souvenirs atroces qui me tenaillent. Mon esprit est captif d’une chimère que j’ai longtemps chérie. Vis-Je dans un passé inexistant ou dans un futur improbable ? Tout en moi est las de rêver sous ce ciel qui brille. Il brille de mille étoiles, mais à l’intérieur, la flamme de mes désirs s’est depuis longtemps éteinte. Après l’ardeur, la sérénité de l’être. Mais qu’est-ce que l’accalmie si les temps d’avant n’apportent que chagrin et désespoir? Chronique d’une mort presque annoncée. Mon deuil se taille son chemin le plus court pour répondre à ma détresse. Ma mort allonge ses longs doigts d’arachnides. Elle m’attrape. Autodafé. Noyade. Fièvre. Néant.

Nous regardons ce ciel à deux. Brillant dans tes yeux mais livide et dépourvus de couleurs dans les miens. Je ne sais ce que je fais et pourtant je m’accroche à cet espoir insatiable, indélébile et infernal. L’espoir est le moteur de tout mon être. Il me grise et me transporte, m’envoûte et me laisse choir quand je ne crois plus en rien. Espérances déchirées comme des grèves, obscures et incertaines.
Et puis je te sens venir à moi. Je sens tes mains me parcourir l’échine et je m’enivre. Tu avances et je ne fais que reculer. Mes tympans épousent les sons nocturnes. Je ne sais plus si je m’extasie sur Gluck ou sur ce doux contact qui effleure ma peau. La symphonie déchire le ciel et me broie le cœur. A chaque do majeur, mes lèvres se crispent et j’ai envie de te serrer contre moi, contre mon cœur, contre moi-même. Je ne m’écoute plus, j’écoute mes peines, mes regrets, mes remords.
« Che faro senza Euridyce », aria d’Orphée. Gluck. Mes membres se meurtrissent. Mon souffle est court et je me sens comme Orphée, perdant à jamais Euridyce parce qu’il n’a pas pu résister à la tentation de se retourner sur le chemin du retour, des Enfers vers le monde des vivants. Je cheminais vers mon bonheur, vers l’apathie, vers le salut de l’âme. Plus rien ne me semblait vrai. L’amour n’avait plus de sens. Mais cette nuit-là, c’était mon Euridyce à moi. Le Saint Graal que j’acceptais encore une fois de porter dans mon cœur.  Je le boudais, je l’exécrais, je le plaignais de m’avoir fourvoyée. Mais la  tentation cède au désir. Je te désirais plus que tout et je ne te désirais point. Concupiscence frêle et indécise. Mais ta présence à mes côtés était le remède suprême aux maux qui me tourmentaient. Un passé enfoui. Il rejaillit et je n’en peux plus d’être tiraillée de toutes parts.
Mon esprit gémit et rien ne se lit sur mon effigie. Je suis là à combler mes peines en les noyant dans ce do criard. Un do dramatique qui saisit les méandres de mon âme et se s’exerce dans les ténèbres. Je n’en vois que le vaste trait imperceptible. Les échos d’une vieille mélodie mûrement réfléchie qui berçait mes attentes. Qu’ai-je fait pour mériter forfaiture, Platon ? Se peut-il que toutes ces valeurs érigées ne soient qu’utopie  et mensonges ? Prends pitié de ma longue misère et délivre moi de cette naïveté insensée.

Bouillonnement. Tu avances encore et je ne peux que céder à ma rage. Ton toucher, tes mains, tes doigts qui me caressent et entament légèrement le duvet de ma peau vermeille. Ton odeur, ton parfum encense mes sens de myrrhe. Ta présence m’étourdit, m’aveugle. Je voudrais que tu me caresses encore et que ce moment d’ivresse s’étale à jamais dans le cahier noir des mes voluptés.  Mais qu’importe l’éternelle damnation pour celui qui a su trouver en une seconde l’infinie jouissance ! Fallait-il que Baudelaire soit le seul à frôler cette transe que je ressens.

Nous nous cherchons à l’infini. Tu fuis puis tu m’attrapes. Mes affres me condamnent à retourner. Puis je m’évade et j’estompe ma chaleur. Cercle vicieux de désir et de peur. J’ai peur. J’ai affreusement peur de cet instant qui signera ma défaite.  Je ne peux m’abandonner à ce jeu de l’amour et du hasard, et pourtant je sais que mieux que j’ai besoin de toi O mon cœur. Toi seul peux me rendre ce sourire innocent, insouciant et radieux. Nous nous fuyons et nous retrouvons. Les doigts de Beethoven se séparent et s’assemblent. Fur Elise. Rejet. Retrouvailles. Rejet. Retrouvailles. Calme et dissonance. Calme et dissonance.

L’aigre stérilité de nos jouissances fait que je te désire encore. Ne point te posséder enflamme mes sens et je te prie de laisser mon vœu le plus cher. Laisse moi la chance d’adorer cette volupté que j’éprouve en chérissant ce moment de plénitude : une plénitude qui se définit non pas en toi mais en ce désir de te conquérir. Elle crée une distance entre nous deux, un vide, un abîme profond. Il me rassure et me frustre.
Je sombre dans mon univers contradictoire. Une douleur que je savoure à timides gorgées. J’en bois mon salut. Car dans l’équilibre des peines et des méfiances, j’arrive enfin à trouver la raison de ma folie.

Tu continues à étaler ton être sur mon corps. Tu promènes ton regard sur mon corps frêle et impuissant. Je ferme les yeux de bonheur.
Angoisse et vif espoir.
Je ne veux pas que le rideau baisse. Pourvu que la sensation soit pérenne.
Mais j’ai honte vois-tu. J’ai honte de moi et de mes désirs. Comment puis-je laisser triompher ma folie sur mon âme désormais amère ?

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Poème.


Avant toute chose, je tenais à signaler que ceci fera l’objet de mon premier essai en poésie (Cela peut s’expliquer par le fait que je ne lis quasiment jamais de poésie). Je parlais avec une certaine amie à propos de vers, de rimes, de poèmes, et voilà que j’ai eu une affreuse envie de me risquer dans ce terrain qui m’est encore inconnu. Beaucoup pensent que ce poème cerne le thème de l’amour, cependant je dois avouer qu’il est intentionnellement voilé de la sorte, car ce que je dénonce véritablement ici n’est autre que le regard des autres et les jugements que l’on porte à certaines personnes, de sorte que cela mène naturellement au désespoir de celles-ci, voire même au changement de leurs comportement bon gré mal gré… Ceci dit je ne vous gâcherai pas l’ambiance, je vous souhaite une agréable lecture! 🙂

Il est des choses que le coeur
Ne peut exprimer sans vergogne
Noyé dans un flot de douleur
Ici-bas dans ce monde d’ivrognes

Cette ivresse que je plains
Cette hideuse souillure de l’âme
C’est cette hardiesse qu’use le dédain
Pour juger à tort son quidam

Lire ce qui est dans ce qui n’est pas
Regretter ce qui n’est plus dans ce qui est
Cî-git mon mal, ma tristesse et mon trépas
Crime d’une société avide de préjugés

Quelle est cette absurde langueur
Qui me fait vibrer d’amertume et de rage
Lorsque de ton nom l’on salit mon honneur
Ô toi en qui j’ai puisé tout le charme de mon apanage

Se peut-il que l’on aime sans haîr?
J’aimais promener mes doigts sur ton corps
et entendre le souffle de ta voix m’engourdir
Les battements de mon coeur en essor

Voir ton âme défiler sous la mienne
La voir Embaumer mon coeur de mille senteurs
La voir Embraser mon amour d’une ardeur perenne
Mais hélas! ne la voir point rouler vers mon malheur

Je t’aimais et ne te haissais guère
Je volais vers toi dans un élan de folie
Car notre amour était pour le moins sincère
Ravivant nos sens en cette terrible alchimie

Je t’aimais mais ne le pouvais plus
Car le regard des autres qui nous pèse
Est notre bourreau désormais invoulu
Il nous fige, nous broie de sa haine en braise

Je ne t’aime plus mais pardonne mon orgueil
Je suis trop lâche, trop faible pour t’aimer
Du regard des autres je porte encore mon deuil
Au nom de l’amour je ne pouvais tout abandonner

Je ne te hais point aujourd’hui, crois moi
Mais j’abhorre ce monde où l’amour ne peut renaître
Des cendres que le désespoir a laissé en émoi
Le regard des autres a un tel pouvoir que l’amour ne tolère

Il brise les affinités et détruit le bonheur
Il arme de sa froideur son manque de passion
Car ce regard se plaint de ne pas être acteur
Dans un jeu d’ivresse et d’adoration.

Escapade.


C'est tellement beau quand on ne se soucie de rien.
C’était bien à ce jour là-ci que nos yeux se heurtèrent. Une force inconnue les faisait rencontrer, et nous les lèvions simultanément comme si une affinité nous eût averties. Ce jour-là, c’était un jeudi. Un jeudi printanier, où la verdure est éclatante tel un soleil enflammé, empourpré comme par attrait vers l’univers.
Ce jour-là aussi, ce jour où l’espièglerie coquine et malicieuse s’éprend de n’importe quel individu dont l’âge n’est pas supérieur à 8ans, nous nous étions fait la promesse de devenir meilleures amies. Parce-que selon nous, un destin incorruptible nous avait liait, et avait par le même biais transgressé cette phase de connaissance vaine.
Nous étions donc deux petites fillettes de sept ans et demi, pleines d’ambitions et d’amour, et nous choisissâmes de mener moult expériences afin de ne pas oublier ces instants de pures folies qu’on vivait ensemble, si jamais Dieu aurait choisi de nous séparer, par je ne sais quelle infortune.
Cependant, notre choix tomba sur une petite excursion en montagne, en compagnie de nos parents bien sûr qui ne pouvaient se passer de notre compagnie.
En cette journée ensoleillée, le charme langoureux de la nature nous fascina. Tandis que le soleil dardait ses flammes, les fleurs affichaient leur gaieté ensoleillée, le gazon chantait sa poésie verte : un gazon où flambaient des pissenlits, où saignaient les coquelicots, où luisaient les marguerites, et où frétillaient comme au bout de fils invisibles, d’innombrables papillons jaunes.
Arrivés au faîte de la montagne, nos parents, qui étaient devenus intimes dès lors, et en si peu de temps, y posèrent leurs affaires, et campèrent aussitôt.
Et alors, tandis qu’eux étaient occupés à préparer cet exquis repas qui nous attendait aux environs de midi, mon amie Leyla  et moi nous éloignâmes.
Quand nos parents ne furent plus à l’horizon, nous commençâmes à chantonner,à fredonner d’inlassables mélopées joviales. Nous étions au summum du plaisir. Cette journée devait rester mémorable, étant donné que, aussi loin que l’on puisse s’imaginer, elle nous procurait la liberté dans toute l’acceptation du terme.
Pourtant, en s’amusant à exécuter des pas sur le même ton des chansons, Leyla trébucha soudain, et de ce fait, glissa le long de la pente. Je poussai un cri d’horreur mêlé à de l’enthousiasme. Au début je pensais qu’il s’agissait d’une de ces figures de tobogans. Mais non. Mon amie était en danger. Et la seule personne, là, présente pour la sauver était moi.
De loin, je la perçus recroquevillée sur elle-même, en demi-délire, se raccrochant à une branche d’arbre qu’elle avait par pur hasard effleurée et qui lui servit donc d’appui.
J’accourus aussiôt que je le pus, me déguisant avec cet air d’héroîne qui hante les jeunes filles de mon âge à cette époque.
Je gambadai donc, excitée par l’idée de gagner l’admiration de toute la famille une fois retournée, après que mon amie Leyla aurait relaté les faits et aurait témoigné de mon acte héroique et sensationnel qui vint à son secours.
Je lui tendis une main timide sitôt arrivée à quelques centimètres d’elle, de peur de me retrouvée engagée dans cette péripétie dangereuse en retour. Elle l’attrapa vite, et avec toute la force dont je pouvais jouir, j’arrachai cette pauvre fille de son enfer.
Elle me remercia mille fois. Mais elle avait tort de le faire, parce-qu’entre amies, merci n’existe pas. Et que ma vie, dépendait de la sienne. Et vice versa.
Voilà notre première expérience de vie commune, et si j’en venais à parler d’autres, peut-être que tout l’encre du monde n’en suffirait pas pour peindre nos interminables gloussements, et décrire nos intarissables joies et jubilations.
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